Cours et ateliers de Qi Gong de la femme

DSC03876A la question de savoir ce qu’est la femme, le Qi Gong apporte sa réponse à travers des mouvements doux, amples et nourris de beauté, des auto-massages (seins, système digestif, beauté du visage…), une prise en compte des émotions et du système endocrinien, un travail interne méditatif et des exercices profonds sur la colonne vertébrale.

Les mouvements de ce Qi Gong très intérieur ont été élaborés par maître Liu Ya Fei, directrice du centre national de Qi Gong (Chine) suivant les connaissances millénaires de la médecine traditionnelle chinoise.

Vivre sa féminité et apprendre à en prendre soin, équilibrer ses émotions, fluidifier ses mouvements, se ressourcer, trouver sa stabilité en harmonisant le corps, le souffle et l’esprit sont les objectifs de ce Qi Gong.

A travers des cours annuels, des ateliers ou des stages ouverts à toutes, quels que soient votre niveau et l’étape de votre vie (des premières règles à la ménopause), Nadine Susani vous invite à cette expérience.

         STAGES 2020-2021
         19-20 décembre 2020: Qi Gong de la femme et travail interne: Au programme: Enchaînement de Qi Gong de la femme, travail sur la colonne céleste et beaucoup de retour à soi à travers de la méditation, relaxation, respiration. Lieu: Une maison dans la nature en Mayenne. 140 euros (pratique seule).

Inscription (nous contacter) : nsusani@hotmail.com

Qi Gong: Histoire

Qi Gong: Histoire

Qi Gong : un peu d’histoire

On pourrait faire remonter les origines du Qi Gong à une période mythique de l’histoire de la Chine. Le célèbre Yi King, le livre des transformations, fut rédigé probablement dans une période antérieure à 700 avant JC. Il évoque déjà des techniques de respiration ou d’utilisation de l’énergie (voir par exemple l’hexagramme 52).

Toutefois, les premières références explicites à des pratiques physiques de santé se trouvent dans le Huang Di Nei Jing (« Classique interne de l’Empereur Jaune »). Ce texte, probablement écrit en 200 avant JC, premier manuel de médecine traditionnelle chinoise, se présente comme un dialogue entre l’Empereur Jaune, fondateur de la civilisation chinoise ayant vécu aux environs de 2600 avant JC, et son médecin et ministre Qi Bai.

Par la suite, le Qi Gong n’a cessé de se développer et de s’enrichir à travers deux sources principales, les médecins et les moines.
Des médecins laïcs ont mis en place des méthodes d’entretien de la santé à travers des exercices de Qi Gong. L’un des plus célèbres, Hua Tuo (145-208), a élaboré le Jeu des Cinq Animaux. Dans ces exercices, on imite certains animaux pour renforcer les organes qui leur sont reliés.
Du côté des monastères, l’arrivée du bouddhisme en Chine au deuxième siècle est venue enrichir certaines pratiques. On raconte par exemple que Bodhi Dharma, un moine bouddhiste d’origine indienne, a séjourné plusieurs années au célèbre monastère Shaolin au VIIème siècle et qu’il a transmis des techniques de méditation de l’éveil et des méthodes de gymnastiques (Ji Jin Jing pour renforcer les tendons et le Xui Sui Jing pour laver la moelle et purifier l’intérieur).

Le Qi Gong a continué de se développer jusqu’au coup d’arrêt sonné par la révolution culturelle en Chine. Dans les années 60, le Qi Gong est alors considéré comme une pratique de superstition. De grands maîtres de Qi Gong comme de Tai Chi Chuan sont obligés d’abandonner ou de cacher la pratique de leur art. Pourtant, dès les années 1980, face à l’état déplorable de la santé, la pratique du Qi Gong reprend. On rouvre des centres de Santé dont le centre national de Qi Gong médical à Beidaihe.

Face à ce renouveau, on a parlé d’une période de « fièvre du Qi Gong » en Chine, titre de l’ouvrage de David A. Palmer. Les chinois des années 1980 et 1990 ont pratiqué le Qi Gong en masse. Celui-ci était considéré comme une technique fiable de guérison jusqu’en 1999 date où le gouvernement chinois a pris peur face à cet engouement incontrôlable et a réprimé le mouvement Falungong considéré comme une secte.

Aujourd’hui, le Qi Gong continue de se pratiquer en Chine, notamment dans les parcs aux petites heures du matin. Il se développe toutefois beaucoup à l’étranger notamment au Japon et aux Etats-Unis, un petit peu en Europe. L’époque est aujourd’hui celle de la recherche scientifique. En effet, si les effets du Qi Gong ont plusieurs fois pu être démontrés, la science a encore du mal à comprendre ce que peut-être le Qi. Mais laissons cela pour un prochain article…

Nadine Susani
Enseignante diplômée de la Fédération française de Qi Gong et des arts énergétiques

Enseignante

EnseignantePhoto de Nadine prise par Laurent guyonvarch  www.laurent-guyonvarch.com

Nadine Susani enseigne le Tai Chi Chuan et le Qi Gong depuis 2011. Pratiquante passionnée d’arts énergétiques internes depuis plus de 20 ans, elle est diplômée de la Fédération des Enseignants de Qi Gong et des Arts énergétiques et a obtenu le CQP animateur sportif. Elle s’est formée de manière professionnelle aux Temps du Corps (2009-2012). Elle est membre actif de la Fédération des Enseignants de Qi Gong et des Arts Énergétiques  (http://www.federationqigong.com/). Depuis 2018, elle est thérapeute de Shiatsu de l’Ecole Nonindo et s’est formée auprès d’Isabelle Laading.

Elle s’est formée aux arts énergétiques auprès de plusieurs professeurs français, belges et chinois (M. Philippe Laurent, Mme Ke Wen, M. Yu Ding Hai, Mme Liu Ya Fei…). Elle a travaillé différentes techniques du Tai Chi Chuan de la forme yang, (Tui Shou (poussée des mains), San Shou, (forme à deux style yang), bâton du Tai Chi Chuan), de la méditation zen et d’autres formes de méditation ainsi que plusieurs formes de Qi Gong : Qi gong général pour préserver la santé, Qi Gong du Cœur, Qi Gong des poumons, Nei Yang Gong, Qi Gong de la femme, jeux des cinq animaux, Qi Gong des 8 brocarts de soie, auto-massages.

Elle souhaite aujourd’hui partager sa pratique des arts énergétiques chinois dans une optique de recherche personnelle basée sur notre propre corps. Tout en transmettant des méthodes rigoureusement traditionnelles, elle souhaite amener à expérimenter ou à approfondir des sensations comme celles de la détente, de l’ancrage, de l’axe, le Dan Tian inférieur (relâchement et force) et les 3 Dan Tian, les principales énergies du Tai Chi Chuan, l’espace de relâchement interne pour entrer en contact avec la force interne…

Tai Chi Chuan: utopie de société

Article Le Monde, 2/10/2004, Mme Rossignol

Altinopolis, une utopie brésilienne
LE MONDE | 01.10.04 | 15h38 • MIS A JOUR LE 01.10.04 | 17h53

Dans l’Etat de Sao Paulo, la petite ville d’Altinopolis apprend, depuis quatre ans, à vivre dans l’harmonie. Au programme du maire, membre du Parti des travailleurs : paix et non-violence. Le bilan est positif.
Finie, la distribution de lait chaud pour ce matin. La cantinière range louche et seau fumant. Bientôt 8 heures, le cours de tai-chi quotidien va commencer : sous le préau du collège Joaquim-da-Cunha d’Altinopolis, le brouhaha des élèves s’estompe tandis qu’ils se mettent en rangs. Le professeur de tai-chi est absent, c’est l’un des élèves qui va le remplacer.
Juché sur une estrade, devant ses quelque 500 camarades, il entame les mouvements séculaires. Et les autres de l’imiter. Dans un silence parfait désormais, les adolescents se concentrent, tâchent de trouver le calme intérieur avant de commencer leur journée. « Avec le petit déjeuner gratuit sur place, ces dix minutes de tai-chi sont une façon de les accueillir le matin. C’est aussi un moyen d’équilibrer le physique et le mental. Les professeurs se plaignaient de leur excitation en début de cours. Cela a beaucoup changé », se félicite Marco Ernani, le maire (PT, Parti des travailleurs) d’Altinopolis, petite ville de 15 000 habitants située au nord-est de l’Etat de Sao Paulo.
Suivant à la lettre – il fut sans doute le seul – les recommandations de l’ONU, qui, en 2000, invitait à introduire l’éducation à la paix dans les programmes scolaires au cours de la décennie 2001-2010, Marco Ernani, 46 ans, pédiatre de son état, a lancé cette initiative originale dans toutes les écoles publiques, maternelles comprises, de sa municipalité. « Pour la plupart des gens, la paix, c’est la fin de la guerre, cela se passe au Kosovo ou en Irak. Très peu s’imaginent que la paix commence d’abord en eux », explique ce petit homme rond. Les habitants d’Altinopolis connaissent tous personnellement celui que beaucoup appellent affectueusement Docteur Nano et qui, il n’y a pas si longtemps, soignait encore leurs enfants. « Au même titre que la géographie ou les maths, on devrait enseigner aux enfants l’amour et la solidarité. »
Et c’est ce qu’il fait. Puisque, au Brésil, la loi permet à un maire de décider des orientations pédagogiques des établissements scolaires publics de sa municipalité, Marco Ernani a créé, en 2003, des cours de religion et d’éducation à la paix. Les semeadores (les « semeurs »), comme on nomme ici ceux qui enseignent cette nouvelle discipline, travaillent avant tout sur des valeurs d’union, d’harmonie, de fraternité, et prennent la Bible pour support. Plus exactement, les passages de la Bible au sujet desquels les différentes confessions présentes à Altinopolis (Eglise catholique, Eglises pentecôtiste, évangélique, presbytérienne… bref les quatorze cultes d’obédience chrétienne pratiquées ici) sont parvenues à s’entendre. Ce qui ne fut pas une mince affaire. « Avant l’union, il y a eu la guerre, se souvient le père Cardoso, représentant de l’Eglise catholique. Mais, après tout, nous utilisons bien la même Bible ! Alors, nous nous concentrons sur ce qui nous rapproche. » Certes, le Brésil pratique une foi déjà, en soi, plurale et syncrétique. Certes, l’absence de juifs,de musulmans ou de bouddhistes à Altinopolis a facilité le projet en lui donnant des contours plus restreints. Mais la concurrence est telle entre les différentes Eglises chrétiennes du pays que la victoire ne perd rien de son éclat. Elle tient à une conviction profonde : « Cet enseignement est né d’un besoin, face à la montée de la violence dans les écoles de notre pays. La seule issue était la spiritualité », poursuit, infatigable, le docteur Nano.
Bien sûr, les élèves sont libres d’assister ou non aux cours des semeadores. Mais, dans un pays aussi religieux, on en compte peu qui quittent l’école lorsque la cloche sonne. La cloche, pas la sonnerie. Car – et c’est une autre décision de Marco Ernani, que certains trouvent par trop interventionniste dans son paternalisme – la cloche a été réhabilitée dans les établissements scolaires publics d’Altinopolis parce qu’elle appelle depuis toujours à la rencontre et au partage. La sonnerie, quant à elle, stridente, agressive, synonyme de stress et de violence, associée à la voiture de police ou à l’ambulance, a été supprimée. « Un grand nombre de petites mesures finissent par transformer un tout », sourit le maire d’un air entendu.
Qu’a donc cette petite ville de si magique ? Au premier coup d’œil, rien. Calme et propre, vivant de son café (l’un des plus aromatiques du pays, et elle s’en prévaut), Altinopolis déploie ses rues tracées au cordeau sur les pentes d’une montagne culminant modestement à 1 000 mètres d’altitude. Le ciel y est d’un bleu incroyablement pur, la terre d’un rouge extraordinairement sanguin – mais comme partout ici, jusqu’à nouvel ordre. Par rapport à ses voisines, la chance d’Altinopolis est peut-être de n’avoir jamais eu de favelas ni de graves problèmes sociaux, même si le niveau de vie y reste très bas et l’alcoolisme le fléau familial numéro un.
A bien y regarder, quelques détails intriguent tout de même. Au-dessus du pare-brise des autobus qui sillonnent la ville en faisant cracher leur moteur, à côté des mots « escolar » (pour le ramassage scolaire) ou « rurais » (pour les travailleurs saisonniers transportés sur leur lieu de travail, plantations de café ou de canne à sucre) est inscrit « Paz en 2004 » (« La paix en 2004 »). La même inscription se retrouve sur les tee-shirts bleu et blanc que portent la plupart des enfants. Et puis il y a ces sculptures à ciel ouvert que l’on trouve sur les quatre places d’Altinopolis. Toutes sont signées Bassano Vaccarini, un artiste italien dont l’œuvre parle exclusivement d’amour et de liens humains, et qui vint vivre ici bien avant que le maire n’y lance son programme. Comme si les lieux étaient prédestinés.
Marco Ernani l’assure passionnément : « Les résultats de cette politique de non-violence sont très positifs chez les enfants. On peut le vérifier par le regard, le sourire, les gestes. Ils témoignent de la récupération d’une confiance perdue. »Le médecin, entré en politique « pour soigner et aider collectivement », aime recourir à la métaphore du jardinier pour illustrer ses idéaux : « La plante, il faut l’aimer avec de l’eau et de la lumière. Les enfants, avec beaucoup de projets et d’attention. C’est ainsi que nous en ferons des êtres meilleurs. Et que nous construirons une paix sociale d’autant plus forte. » Candeur ? Utopie ? Peut-être, mais monsieur le maire n’est pas le seul à faire le constat du mieux-être de ses administrés. Les chiffres de la police sont là pour l’étayer, sans ambiguïté. « La petite délinquance a baissé de 90 % depuis que Marco Ernani a été élu, il y a quatre ans, affirme ainsi le commissaire d’Altinopolis, Cesar Augusto Franca. Les seuls problèmes que nous rencontrons désormais sont des cas de violence conjugale ou d’ébriété sur la voie publique. » Grâce à quoi les policiers d’Altinopolis peuvent se permettre d’essayer de renoncer au revolver, au profit de la matraque. « La non-violence fonctionne dans les deux sens. Si nous ne voulons pas d’adolescents violents, évitons d’utiliser des armes contre eux », professe le lieutenant de gendarmerie Macedo.
Comment expliquer un tel bouleversement ? Très simplement : sur le point le plus haut de la ville, au lieu-dit Santa Cruz, la jeunesse d’Altinopolis a rendez-vous tous les après-midi après les cours (qui, au Brésil, ont lieu de 8 heures à 13 heures). Là, au lieu de traîner devant la télé ou dans la rue, les adolescents, entièrement pris en charge par la municipalité, pratiquent une panoplie d’activités artistiques telles que peinture, samba, capoeira, guitare, broderie… mais pas de sport, jugé trop compétitif. « Quand on sort de Santa Cruz et qu’on a 18 ans, au moins on a un petit travail. On ne gagne peut-être pas une fortune, mais on a quelque chose », témoigne Tatiana, qui rêve de devenir danseuse professionnelle et organise en attendant de petits spectacles dans les fermes des alentours. Comme elle, de nombreux jeunes apprennent à Santa Cruz un art ou un savoir-faire dont ils sont désormais équipés pour la vie.
On est loin de la réalité que connaissent bien des enfants de Sao Paulo, à cinq heures de route d’ici. Sur les deux hectares de Santa Cruz, les jeunes sont chez eux, comme en autogestion : ce sont eux qui prennent soin des jardins et des parterres, des allées de flamboyants et de palmiers qui desservent les baraquements. Les plus grands s’occupent des plus petits, les anciens apprennent aux débutants. Mais les adultes sont rares. Non qu’ils n’aient pas leur place, car ici la confiance est de mise. Simplement, comme il n’y a à Santa Cruz ni contrainte, ni rébellion, ni dispute, leur présence se fait moins nécessaire.
« La qualité de la vie, l’éducation, la santé sont bien meilleures ici que dans les alentours, poursuit le lieutenant Macedo. Cela facilite automatiquement notre travail. » L’hôpital d’Altinopolis avance des chiffres aussi impressionnants que ceux de la police : depuis l’élection du docteur Ernani, le nombre d’enfants morts à la naissance est tombé à 3 pour 1 000 (alors qu’il est de 30 pour 1 000 au Brésil et de 5 pour 1 000 en Europe, d’après l’Institut brésilien de géographie et de statistique ainsi que l’Organisation mondiale de la santé). C’est que les femmes enceintes bénéficient désormais d’un accompagnement personnalisé jusqu’au terme de leur grossesse.
Par la suite, les mères de famille qui le souhaitent reçoivent, deux fois par mois, un panier de produits alimentaires de base – haricots noirs, riz, huile, sucre… – pour peu qu’elles participent régulièrement au programme « Revenu citoyen ». En l’occurrence, des ateliers socio-éducatifs leur apprennent à gérer au mieux pour leur famille l’aide financière gouvernementale de 60 reals par mois (environ 20 euros). « Ce sont des cours qui sont offerts non pour les enfants mais pour le bien-être de la mère. Pendant qu’ils sont à la crèche, nous, on apprend quelque chose. Que l’on pourra ensuite leur transmettre », s’enorgueillit Andréa, 37 ans.
Le programme « Santé dans la famille » a également apporté sa petite révolution. Fondé sur une logique préventive rigoureuse, il s’appuie sur le recours systématique et gratuit, en plus de la médecine occidentale curative, à des médecines orientales ou alternatives telles que acupuncture, reiki, auriculothérapie, massothérapie… auxquelles est formé tout le personnel médical de la ville. Pas étonnant, dans ces conditions, que le nombre d’enfants malades devant passer la nuit à l’hôpital ait fortement diminué. Cette approche globale de la santé commence d’ailleurs à faire des émules, puisque deux villes voisines, Ituveraba et Sao Joaquim da Barra, s’y sont à leur tour converties.
Mais le reste du Brésil ? Le président Lula a bien envoyé des télégrammes de soutien personnel à Marco Ernani, lequel a été reçu deux fois et vivement encouragé par le ministre de l’éducation à Brasilia. Pourtant, le pays, si grand, semble ignorer l’expérience menée par Docteur Nano dans le laboratoire de sa municipalité.
Laboratoire qui pourrait bien s’étendre bientôt à l’Etat de Sao Paulo : Marco Ernani s’est en effet vu proposer un poste qui lui permet, en promouvant la santé en milieu rural, de propager ses idées sociales à plus grande échelle.
Bien qu’il ne se représente pas aux élections municipales du 3 octobre, Docteur Nano n’a pas le sentiment de laisser tomber Altinopolis pour autant. « La politique que j’ai menée ici est comme une semence plantée à l’endroit le plus important : le cœur des enfants. Grâce à cela, elle continuera à s’épanouir longtemps. » La ville envisage d’ailleurs de devenir un lieu de stage, pour apprendre à ceux qui le souhaitent à vivre en paix. Mais l’expérience peut-elle connaître le même succès ailleurs, et notamment en milieu urbain, particulièrement touché par la violence sur le continent sud-américain ? « Ce n’est pas rendre service aux gens que de leur donner la becquée. Cela engendre des générations d’assistés ! », s’agace le docteur Wadis, un autre médecin, gynécologue cette fois, candidat du Parti vert à la mairie, qui dénonce le « côté cubain » de Marco Ernani comme l’aspect « scénario bien huilé » de sa politique.
Placide, Docteur Nano ne semble pas même affecté par la critique. Le monde a grand besoin d’être « réenchanté », aime-t-il à répondre. Et, « puisqu’il existe bien de l’argent pour la guerre, pourquoi ne serait-il pas possible d’en débloquer pour la paix ? L’utopie n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui reste à réaliser ».
Lorraine Rossignol
• ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 02.10.04

Tai Chi Chuan: la légende

Légende du Tai Chi Chuan

Histoire du Tai Chi Chuan : la légende du serpent et de l’oiseau

Quel mystère ce Tai Chi Chuan ! Même son origine reste mouvante, enfouie dans le passé, mêlée à la culture millénaire chinoise, pétrie des avancées de la médecine traditionnelle et ancrée dans des générations de boxeurs. Car une chose est sûre, le Tai Chi Chan est né de la rencontre des sages taoïstes, fins connaisseurs du Qi Gong, et des spécialistes des arts martiaux.

Plutôt que de fouiller les quatre grandes versions de l’origine de cet art, concentrons-nous sur la plus ancienne. La légende de la création du Tai Chi Chuan raconte qu’un sage taoïste, un immortel ayant pratiqué des arts martiaux externes de Shaolin, Zhang Sanfeng, vivait dans le célèbre mont Wudang entre le XII et le XIIIème siècle (selon la légende, il vécut 200 ans). Un jour, il assista à un combat entre un serpent et un oiseau (une pie selon la légende). L’oiseau fonce sur le serpent, l’attaque en piqué, lui donne des coups de becs, cherche à le blesser avec ses griffes acérées, s’envole et replonge frénétiquement. Le serpent, quant à lui, est alerte, observateur, il ondule pour éviter les attaques, réalise des mouvements en spirale.

Selon la version la plus connue, le serpent gagne le combat en prenant par surprise l’oiseau et en lui enfonçant ses dents dans le corps. Dans d’autres textes, le combat dura très longtemps sans qu’aucun des deux animaux ne prenne l’avantage. Zhang Sanfeng sortit et les animaux combattants avaient disparu. Une dernière version évacue l’idée d’un combat et raconte que Zhang Sanfeng avait été convoqué par l’empereur mais que la montagne où il vivait était encerclée de brigand. Pendant la nuit, il eut un rêve qui lui communiqua les principes d’un nouvel art martial qui lui permit de vaincre, à lui seul, une centaine de brigands.

Si l’on s’en tient au mythe du serpent et de l’oiseau, la vision de ce combat est pour lui une révélation le conduisant à créer la forme du Tai Chi Chuan. Le serpent, tout en rondeur et en souplesse, muni de son attention, se défend des coups violents et saccadés de l’oiseau qui cherche à l’emporter par la force. Nous avons là les grands principes du Tai Chi Chuan, le principe du souple enveloppant le dur, issu du principe taoïste de la souplesse l’emportant sur la force, et celui de l’attention qui gagne sur la dispersion. Le serpent, également, enroulé sur lui-même comme une spirale évoque le Taijitu, le symbole du Yin-Yang, également symbole du Tai Chi Chuan.

Cette histoire m’inspire aussi d’autres commentaires que je souhaiterais partager. Pour ma part, je penche pour la version où ni le serpent ni l’oiseau ne remportent le combat. En effet, le serpent, animal rampant sur la terre, représente l’aspect yin tandis que l’oiseau, animal céleste s’il en est, représente le yang. Pour obtenir la santé, la médecine chinoise nous apprend qu’il faut équilibrer le yin et le yang, ce mythe illustre donc un simulacre de combat, comme le Tai Chi Chuan, entre ces deux animaux où aucun ne l’emporte car c’est l’équilibre qui gagne… C’est de leur union dans le combat que nait la création de la forme par le maître… D’ailleurs, dans la forme du Tai Chi Chuan, nous avons plusieurs figures d’animaux dont font partie à la fois le serpent (le serpent qui rampe par exemple) et l’oiseau (caresser la queue de l’oiseau).

M’éloignant de la culture chinoise, je trouve aussi assez « drôle » de retrouver le serpent et l’oiseau dans plusieurs mythes. Chez les celtes par exemple, le serpent ailé, la vouivre, « est le grand symbole de la Lumière créatrice de Vie. C’est le lien qui relie la Terre au Ciel et le Monde Humain au Monde Divin. Il affirme ainsi l’Unité de la Création toute entière et que tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », citation tirée de Dr Jean Conquet, A propos de l’église de Bénévent : Des Druides aux Compagnons, 1997, p. 37. On retrouve dans ce texte la célèbre maxime d’Hermès Trismégiste. Du côté des cultures précolombiennes, Quetzalcóatl désigne le Serpent à plumes, une des principales divinités du panthéon de l’ancien Mexique. Son histoire et sa signification ont varié selon les époques. Dans les premiers mythes, il apparaît comme un Dieu de l’eau, plus tard comme un dieu représentant à la fois le Terrestre et le Céleste. Sous sa forme humaine, sa représentation est revêtue d’une carapace de forme hélicoïdale en guise de plastron (symbole de trombe), d’un chapeau en forme de cône tronqué recouvert d’une peau de jaguar (représentant l’enchanteur), de boucles d’oreilles en coquillage (symboles de son voyage dans les enfers océaniques), d’un pagne à la pointe arrondie (symbole de fertilité) et enfin d’un masque d’oiseau (symbolisant l’air)…

Nadine Susani